L’insertion des chômeurs par le travail : manque de rigueur et coût élevé

L’insertion des chômeurs par le travail : manque de rigueur et coût élevé

La Cour des Comptes a fait un état des lieux de ce dispositif complexe dont l’objectif est le retour à l’emploi pour les chômeurs rencontrant des difficultés sociales et professionnelles.

Quel est leur profil ? La grande majorité est de sexe masculin, 80% ont un niveau inférieur au bac, 20% sont d’origine étrangère, 40% n’ont pas de permis ou de véhicule, 20% ont des problèmes sérieux de santé ou d’addiction.

En 2017, cela concernait 134 000 salariés répartis entre des :

  • Associations intermédiaires qui les mettent à disposition de particuliers, entreprises ou collectivités ;
  • Ateliers ou chantiers d’insertion ;
  • Entreprises d’insertion ou des entreprises de travail temporaire d’insertion.

Le coût annuel s’élève à 1,5 Mrd € (11 000 € par salarié et par an !), porté par l’Etat (60%), les collectivités territoriales (15 %), et divers (25 %).

En 2017, les sorties en emploi ont représenté 36 % du total des sorties, 19 % des sortants sont entrés en formation ou dans une autre structure de l’insertion, 32 % étaient de nouveau au chômage.

Il existe 3700 entités d’insertion et intermédiaires intervenant dans les services à la personne et aux collectivités (33% des salariés), les ateliers et chantiers d’insertion (37 %), l’entretien des espaces naturels et verts, la production agricole, la valorisation des déchets.

Ces entités présentent une rentabilité moyenne et une faible capacité d’investissement.

Si le taux d’insertion à l’emploi atteint 45 % en temporaire, il est très inférieur pour l’emploi durable.

Après ce bilan en demi-teinte, la Cour des Comptes recommande de généraliser la tenue régulière de comités de suivi avec les structures et réaliser un bilan de la situation des chômeurs à la sortie des parcours d’insertion. Par ailleurs les acteurs de l’insertion doivent simplifier, fiabiliser et harmoniser les procédures.

Comme l’a souvent constaté CANOL, il ne suffit pas de préciser des critères de performance (ou objectifs quantifiés), mais encore faut-il analyser les écarts entre objectifs et réalisations pour décider chaque année le maintien ou non de la subvention.

 

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