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Compte administratif 2016 de la Ville de Lyon

Compte tenu de la baisse des dotations de l’Etat, la ville de Lyon a mis en place un plan « marges de manœuvre » destiné, en principe, « à conserver une bonne qualité de services et un niveau d’investissements constant ». CANOL a voulu s’assurer de son efficacité. Nous avons donc examiné les principaux chiffres de 2016 en tenant compte des paramètres suivants :

  • Nous n’avons pas considéré uniquement le budget principal, mais l’ensemble des budgets et avons donc inclus les budgets annexes des Halles Paul Bocuse, du théâtre des Célestins et de l’Auditorium.
  • La comparaison est faite par habitant et tient donc compte de l’évolution de la population qui a augmenté de 4 000 habitants en un an, soit 0,8%.
  • Les dépenses par fonction ont été calculées en net, c’est-à-dire recettes correspondantes déduites.

Voici ce que nous avons constaté :

montant global (M€) montant par habitant croissance par habitant
2015 2016 2015 2016 Montant par hab.
recettes fonctionnement 677 762 676 922 1 342 € 1 330 € –          12 € -0,9%
dotations de l’Etat 143 014 129 083 283 € 254 € –          30 € -10,5%
Fiscalité 454 623 466 240 900 € 916 € 16 € 1,7%
dépenses fonctionnement 580 170 593 319 1 149 € 1 166 € 17 € 1,5%
dépenses de personnel 335 633 341 902 665 € 672 € 7 € 1,1%
ratio personnel/fonct. 57,9% 57,6%
Epargne brute 97 592 83 603 193 € 164 € –          29 € -15,0%
Epargne nette 54 604 42 366 108 € 83 € –          25 € -23,0%
Dépenses d’équipement 103 273 96 239 205 € 189 € –          15 € -7,5%
Dette au 31/12 409 900 405 149 812 € 796 € –          16 € -1,9%

 

Les recettes de fonctionnement :

  • elles diminuent globalement de 0,9% (12 € par habitant)
  • Les recettes fiscales augmentent de 16 €/hab. (+1,7%) : 7 € pour les taxes ménages et 9€ pour les droits de mutation. C’est insuffisant pour compenser la baisse des dotations de l’Etat, qui représente 30 €/hab. (-10,5%).

Dépenses de fonctionnement :

  • Malgré une inflation nulle et des recettes moindres, elles augmentent de 1,5%
  • Les frais de personnel augmentent un peu moins : 1,1%.
  • Cela signifie que les autres dépenses augmentent encore plus vite : +10 €/hab., +2%. Or, les charges financières ayant diminué de 7 €, -29%, nous nous sommes aperçus que c’étaient des dépenses exceptionnelles, non prévues et non expliquées (11,9 M€, 18 € par hab.) qui plombent ce chapitre.
  • Les subventions aux associations baissent de 1,4% (2 €/hab.), beaucoup moins que les 6% annoncés.

L’épargne (ou capacité d’investissements)

  • L’épargne brute (solde de fonctionnement : recettes – dépenses) baisse de 15% (-29 €)
  • Après remboursement de l’annuité d’emprunts, l’épargne nette perd 23% (-25 €). Le plan « marges de manœuvre» n’a donc pas produit les résultats attendus !

Les dépenses d’équipement

  • Elles baissent à nouveau : -7,5%, 15€/hab., 20 M€ de moins que le budget initialement prévu.

La dette

  • Elle baisse légèrement (-3,9%), mais l’épargne brute baissant, la capacité de remboursement passe de 4,3 à 4,8 années.

Les dépenses nettes par domaine

  • Les domaines les plus importants, administration générale et culture-sports-jeunesse, voient leurs charges augmenter respectivement de 1,5 et 2,4%
  • Elles baissent pour la sécurité (-4,2%), l’enseignement (-1,7%), la santé et l’action sociale (-5%)
  • Globalement, elles augmentent de 2,4% (21 €) à cause de 19€ de dépenses exceptionnelles inexpliquées pour le logement.

En conclusion, la mise en place du plan « marges de manœuvre » décidé par la ville n’a pas conduit à réaliser des économies de fonctionnement, comme on aurait pu s’y attendre :

  • les dépenses augmentent toujours plus vite que les recettes.,
  • y compris les dépenses de personnel, alors que le respect de la loi sur le temps de travail permettrait de les diminuer.
  • La promesse de baisse de 6% des subventions n’a pas été tenue : celles des Nouvelles Subsistances et de la villa Gillet, dénoncées par la Chambre Régionale des Comptes ont bénéficié encore de trop d’indulgence.
  • La capacité d’investissements s’est dégradée et les dépenses d’équipement diminuent d’année en année.

Nous déplorons l’absence de publication du rapport de présentation du compte administratif lors de la séance du 29 mai. Elle aurait peut-être donné des explications sur les raisons de cet échec. La publication d’un « rapport du maire – compte administratif 2016 » ne compense pas ce manque, s’agissant essentiellement d’un document promotionnel.

Rien n’apparaît encore sur les convergences promises par la création de la Métropole.

 

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