CCI LYON-METROPOLE, SAINT-ETIENNE, ROANNE

D’importantes   subventions sont attribuées à la CCI Lyon Saint-Etienne Roanne  par la Métropole de Lyon (992 000 € environ en 2016)  et par la Région Auvergne Rhône-Alpes (2 450 000 € environ en  en 2016). Il est  légitime de s’interroger sur le bien fondé de ces sommes très élevées. Nous avons demandé à plusieurs reprises rendez-vous à cette  institution. La première fois en novembre 2016 ; à ce jour, en mai 2017, nous attendons toujours une réponse favorable. Très étonnant.

Un rappel : les CCI sont des établissements publics à caractère administratifs de l’Etat, mais elles ne sont pas des opérateurs de l’Etat. Leurs ressources : deux taxes prélevées sur les entreprises (TACVAE et TACFE) et des subventions publiques. Il y a 126 CCI régionales et territoriales et 115 CCI à l’international.

La CCI de la Région Auvergne Rhône-Alpes emploie 2000  salariés et compte 13 CCI locales, dont la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne. 27 M € de ponction fiscale sur les entreprises, 9 M € de subventions (Etat, Région ARA et autres collectivités). 20 M € de vente de services. Charges de personnel 30 M €, soit env.50% des recettes.

Les dirigeants sont élus pour cinq ans. Fin 2016, des élections ont eu lieu ; première surprise : il n’y a qu’une seule liste ; on connaissait donc à l’avance le nom des futurs élus.  Ensuite et surtout, seuls 12.4% des entrepreneurs se sont déplacés. En 1974, le taux était de 40.7%. Une véritable désaffection.  De son côté, l’Etat, impécunieux,  apporte sa contribution négative en ponctionnant la trésorerie des CCI françaises : 170 M € en 2014 et 500 M € en 2015.

Quelles sont les raisons de la désaffection des CCI?  Manque d’adaptation à la situation actuelle, une  ouverture insuffisante  de la part d’un milieu qui travaille en petit comité, une absence de transparence (Ex. les salaires des directeurs  seraient très élevés, mais tenus secrets). Il faut mettre en avant des facteurs externes : le poids pris, suite à la loi NOTRe, par deux types de collectivités : les métropoles et les régions. Celles-ci offrent des services qui concurrencent ceux des CCI. Les syndicats patronaux, clubs d’affaires, sont également de nouveaux concurrents.  On peut se poser les mêmes questions à propos des chambres des métiers et chambres agricoles : quels sont réellement leur efficacité dans un monde qui change à la vitesse de la lumière ?

Début mai, Laurent WAUQUIEZ  a lancé, avec Jean-Dominique SENARD, président de Michelin,  son Agence économique régionale. L’objectif : se mettre au service des entreprises. Doublon ou non ?

Il est donc tout à fait légitime que  CANOL, et donc le contribuable,  se posent la question : quelle est la finalité de ces sommes importantes versées par la Métropole de Lyon et la région Auvergne Rhône-Alpes à une structure qui a eu un rôle important, mais perçue actuellement en forte perte de vitesse ?

En  positif, notons : la tutelle sur EM LYON, première école de commerce de province. Les aéroports de Lyon, dont les 60% des parts de l’Etat ont été vendues à un groupe emmené par Vinci en 2016. Cependant, la fréquentation voyageurs  a enfin décollé   de 9.5% en 2016 seulement  et reste indigne de la Métropole de Lyon.  Quel est l’intérêt de garder les 25% de parts dans cette structure ?

En positif aussi, la fusion récente des trois CCI de Lyon, Saint Etienne et Roanne. Nous attendons les économies d’échelle  sur les exercices à venir. Quid de Villefranche sur Saône ? Quelle est la pertinence entre ces CCI locales et la CCI régionale ?

Nous trouvons au sein de cette dernière : Ain, Allier, Ardèche, Cantal, Drôme, Haute Loire, Grenoble, Lyon – Saint-Etienne – Roanne, Nord Isère, Puy de Dôme, Villefranche, Savoie, Haute-Savoie.  Soit  treize  CCI. Des fusions ne s’imposent-elles pas ? Au conseil de la CCIR, il y a seize  hommes et une femme…

N’y a-t-il pas dispersion des activités et compétences de la CCI face par exemple à la Métropole de Lyon et la Région ARA ? La première, a hérité du  département, du RSA et de la réinsertion des chômeurs ; il y a certainement des doublons, d’autant plus que la Ville de Lyon et la Métropole subventionnent de nombreuses associations de réinsertion. Ce seul exemple montre que le plus gros du travail de réorganisation et de recherche d’efficacité reste à faire.

La formation représente une part importante de l’activité de la CCI. Peut-on connaître les indicateurs de réussite et de performance de ces nombreuses formations ? EM Lyon, concurrence elle-même sa « maison mère » en établissant un master spécialisé dans la transformation digitale des entreprises.  Il y a bien d’autres exemples.

Dès que les comptes 2016 seront publiés, nous analyserons les chiffres.

En conclusion : Soit les CCI  se remettent en question en s’adaptant au nouveau rôle de la Métropole de Lyon et surtout  de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Dans le cas contraire, leur avenir, d’ici cinq ans, sera en danger. Il est impératif que les présidents des CCI, région et métropole harmonisent leurs services aux entreprises et mettent fin aux saupoudrages dispendieux, très coûteux pour le contribuable.

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