Budget 2018 Ville de Lyon

Le budget 2018 de la ville de Lyon a été voté le 26 mars. Comme les années passées, nous avons donc examiné les principaux chiffres de ce budget en tenant compte des paramètres suivants :

  • Nous avons considéré l’ensemble des budgets et avons donc inclus les budgets annexes des Halles Paul Bocuse du théâtre des Célestins et de l’Auditorium)
  • La comparaison est faite par habitant et tient compte de l’évolution de la population qui a augmenté de 5 500, soit 1,2%.
  • Les dépenses par fonction ont été calculées “en net”, c’est-à-dire recettes correspondantes déduites.

Voici ce que nous avons constaté :

  montant global (K€) montant par habitant croissance par habitant
  2017 2018 2017 2018 Montant par hab.
recettes fonctionnement       660 581         679 554          1 297 €        1 320 € 23 € 1,8%
dotations de l’Etat       119 933       120 017           236 €           233 € – 2 € – 1,0%
Fiscalité       470 308       458 389           924 €           891 € – 33 € – 3,6%
dépenses fonctionnement       602 496         613 286          1 183 €        1 192 € 8 € 0,7%
dépenses de personnel       353 752       355 836           695 €           691 € – 3 € – 0,5%
ratio personnel/fonct.     58,7% 58,0%  
Epargne brute         58 085           66 268             114 €           129 € 15 € 12,9%
Epargne nette           5 743           24 586              11 €            48 € 36 € 323,6%
Dépenses d’équipement       112 472         111 035             221 €           216 € – 5 € – 2,3%
Dette au 31/12       392 340         420 944             762 €           818 € 56 € 7,3%

Les recettes de fonctionnement :

  • Elles augmentent globalement de 1,8% (23 € par habitant)
  • Les dotations de l’Etat, stables en montant, baissent de 1%, calculées par habitant
  • Si les recettes fiscales baissent, c’est qu’elles n’incluent plus le produit du stationnement qui passe de 17,2 à 30,9M€ en 2018 (60 euros par habitant!). C’est là la principale cause d’augmentation des recettes avec celle des droits de mutation (4€/hab.).

Dépenses de fonctionnement :

  • Elles augmentent de 0,7%, soit à peu près le rythme de l’inflation, et moins toutefois que les recettes
  • Les effectifs sont stables (7 004 équivalents-temps-plein fin 2017). Les frais de personnel diminuent de 0,5% (-3€/hab.), mais ils représenteront encore 58% des dépenses de fonctionnement.
  • La durée légale du temps de travail n’est toujours pas respectée, le personnel bénéficiant d’une semaine de congés illégale.

L’épargne brute (ou capacité d’investissements):

  • Du fait d’une croissance des recettes supérieure à celle des dépenses, le solde de fonctionnement est en augmentation de 15 €/hab.
  • Après remboursement de l’annuité d’emprunts, il restera 48 € pour l’épargne nette, en nette progression.

Les dépenses d’équipement :

  • Elles devraient baisser à nouveau : 2,3%. Elles avaient déjà baissé l’an dernier de 3,7% et l’année précédente de 15%

La dette :

  • Compte tenu que les nouveaux emprunts seront supérieurs aux remboursements prévus, elle augmenterait de 56 € par habitant (+7,3%) et devrait atteindre 421 millions d’euros en fin d’année, soit 818 € par habitant (1175 €/hab. en 2016 pour la moyenne des villes de cette strate).

Les dépenses de fonctionnement nettes par domaine:

  • Les dépenses qui baissent sont :
    • La sécurité : -24,2%, du fait de l’augmentation des recettes de stationnement (17 €/hab.)
    • Les services urbains : -9,5% (55 €/hab.) du fait de l’imputation de 11 M€ de « forfaits de post-stationnement » (nom pompeux délivré aux amendes pour non–paiement du stationnement) dont 8,5 sont reversés à la Métropole.
    • Santé, action sociale, famille : -3% (90 €/hab.),
    • L’action économique : cette fonction comprend essentiellement le soutien au commerce de proximité, mais bizarrement, elle rapporte plus d’argent, 1M€, (taxes sur marchés, terrasses, enseignes,…) qu’elle ne coûte.
  • Les dépenses qui restent stables :
    • Celles d’administration générale baisseraient de 0,8%. Elles représentent un tiers de l’ensemble des dépenses (288 €/hab.).
    • Culture et sports : 244 €/hab.
    • L’enseignement (maternelles, écoles primaires) : 182 €/hab.

A 875 €/hab., le total net des dépenses de fonctionnement baisserait de 17 € (-1,9%).

En conclusion, le budget primitif de l’année 2018 est dans le prolongement des budgets précédents.

Les dépenses de fonctionnement se maintiennent globalement à leur niveau antérieur, sans que l’on puisse encore dégager de réelles synergies liées à la création de la Métropole, quel que soit le domaine.

La croissance des recettes bénéficie de la hausse massive des produits liés au stationnement, de la dynamique des droits de mutation, et d’une pause des baisses de dotation de l’Etat.

La capacité d’investissement s’améliore, mais les prévisions d’équipement restent à un niveau très inférieur à celui des années 2013-2014. Cette épargne brute de 9,8% des recettes de fonctionnement reste inférieure à celle de la moyenne des villes de même taille (14%), mais celle-ci est basée sur les comptes administratifs et non sur le budget.

 

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