A6/A7, la charrue avant les bœufs

Il y a des dizaines d’années, Antoine PINAY s’était battu pour faire passer l’autoroute A47 par Saint Chamond afin de favoriser le commerce dans sa ville. Avec le résultat qu’on a connu, qui a conduit à la création d’un contournement.

A peu près à la même époque, Louis PRADEL prenait une décision identique pour une raison à peine différente : La ville de Lyon était mal desservie depuis le Nord, les nationales 6 et 7 se déversant à Tassin et Vaise. Il s’est débrouillé pour faire passer l’autoroute A6 dans Lyon, ce qui lui permettait de faire payer par l’Etat une pénétrante nord-ouest fort utile pour urbaniser le nord-ouest Lyonnais, avec l’argument imparable : « comme ce sera saturé, l’Etat payera aussi le contournement ! »

Sauf qu’aujourd’hui, à part le contournement par l’est bien long et sous-dimensionné, rien ne s’est passé à l’ouest, l’Etat n’a pas financé grand-chose et n’est sans doute plus en état de le faire !

Quoi qu’il en soit, il a été décidé le déclassement des 16 kilomètres des autoroutes A6 et A7 qui éventrent Lyon par un décret paru fin 2016, pour devenir un boulevard. Le timing choisi montre que le gouvernement n’a pas fait de la réalisation « d’un grand contournement autoroutier de Lyon » une des conditions du déclassement. Un petit prolongement de l’A432 est évoqué à l’est et l’hypothèse d’un contournement par l’ouest n’est pas encore officiellement abandonnée. Plus surprenant, la Métropole de Lyon annonce la réalisation du bouclage du périph’ lyonnais d’ici 2030, alors que le TOP rebaptisé Anneau des sciences a été remisé au placard pour le mandat en cours.

En conséquence une consultation pour le contrat de maîtrise d’œuvre de la requalifiquation A6 A7, a été lancée avec mise en concurrence. Son prix est pondéré à 30 % et les autres critères sont essentiellement subjectifs. Cela représente environ 10% du total de l’opération, il vaut pourtant mieux payer 10 % de plus pour la maîtrise d’œuvre et économiser 10 % sur les travaux. Mais précisément, on n’a pas d’engagement sur le prix des travaux, si ce n’est l’acceptation de l’enveloppe prévisionnelle de 25 millions d’euros avec réalisation d’ici début 2020. Dans le marché, rien n’est prévu pour le cas où les offres de travaux s’écartaient des prévisions (seul l’art. 30 du décret 93-1268 du 29/11/1993 s’applique par défaut : le maître d’œuvre adapte gratuitement ses études). Pour faire une mise en concurrence sérieuse, il eut fallu demander aux candidats un engagement sur le total honoraires et maîtrise d’œuvre le prix global étant cette fois-ci pondéré à au moins 80 %.

Le dossier permet de découvrir le programme, qui ne fait pas moins de 218 pages !.(payé 800 000 €).

Il s’agit quand même de faire quelque chose des 115 000 véhicules/jour qui transitent par le tunnel de Fourvière !

En tout cas le dispositif a pour objectif à terme de rétrécir et réduire le nombre de voies, créer des lignes de bus sur le même trajet ainsi que des arrêts de covoiturage et punir les automobilistes qui roulent seuls dans une voiture par un dispositif de caméras « intelligentes » …

Car, bien que le génial « anneau des sciences » soit indispensable pour absorber la moitié du trafic, on ne voit pas comment passer 2030 avant 2020, il y a quelque chose qui ne « joue » pas comme diraient nos voisins suisses ! »

 

Articles en rapport

Faire un commentaire